Rimah Salah est né en 1986 dans le camp palestinien de Aïn el-Héloué, au Liban. Il a grandi entre le camp où résidait une grande partie de sa famille, et Beyrouth où ses parents se sont installés.
Il prend ses premières photographies dès l’enfance, avant l’apparition du numérique. À l’âge de six ans, un accident lui fait perdre une grande partie de la vision de son œil gauche ; dès lors, il ne perçoit plus le monde qu’à travers un voile flou. En 2011, un nouvel accident le prive définitivement de la vue de cet œil.
L’année suivante, en 2012, il acquiert son premier iPhone, au moment où les réseaux sociaux commencent à transformer nos manières de voir et de partager. Il se met alors à photographier son quotidien et à publier ses images sur Instagram : des scènes de rue, des visages, des bâtiments, des objets croisés sur son chemin.
Peu à peu, la photographie prend une place plus importante.
En tant que responsable du studio vidéo à l’université, il approfondit ses connaissances techniques et affine son regard. C’est à cette période qu’il commence à partager des photos inversées, pour inviter ses abonnés à ralentir, à regarder autrement, plutôt que de simplement faire défiler les images.
Puis viennent les photos bougées, une manière de retrouver et de partager la vision floue qu’il avait autrefois et qui façonnait sa manière de voir le monde. Son travail oscille ainsi entre le souvenir d’une vision perdue et la nostalgie des lieux tels qu’il les a connus, mêlant mémoire intime et regard poétique sur l’espace urbain.
Aujourd’hui, il vit à Marseille, où il poursuit cette exploration sensible de la mémoire, de la vision et du quotidien.